Private equity : comprendre le processus d’investissement avant de se
Private equity : sourcing, due diligence, négociation. Les étapes réelles du processus d'investissement, et pourquoi les critères écrits comptent ici aussi.
Private equity : sourcing, due diligence, négociation. Les étapes réelles du processus d'investissement, et pourquoi les critères écrits comptent ici aussi.
Dix recherches par mois seulement sur « processus d’investissement private equity ». Un volume minuscule. Et pourtant, c’est l’un des sujets où l’on voit le plus d’argent mal orienté, par simple méconnaissance des étapes.
Le private equity, ce n’est pas la Bourse. On n’achète pas une action cotée en trois clics un mardi après-midi. On entre dans une société qui n’est pas sur les marchés, pour plusieurs années, selon un processus précis. Avant de signer quoi que ce soit, il vaut mieux définir ses critères avant d’investir, exactement comme on le ferait pour une action en Bourse.
Investir en private equity, c’est prendre une part dans une entreprise non cotée. Pas d’action qui s’achète et se vend en continu sur un marché organisé. Ici, l’argent est bloqué, souvent cinq à huit ans, le temps que la société se développe, se restructure ou se transmette.
La contrepartie de cette immobilisation, c’est un potentiel de rendement généralement supérieur à celui des marchés cotés classiques. Mais ce potentiel ne se matérialise que si le processus d’investissement a été respecté à la lettre, dès le premier entretien avec le gestionnaire du fonds.
Un fonds de private equity ne prend pas n’importe quel dossier. Il commence par une phase de sourcing : identifier des entreprises cibles qui correspondent à sa thèse d’investissement, qu’elle soit sectorielle, géographique ou liée à la taille de l’entreprise.
Vient ensuite la due diligence, l’étape la plus longue. Audit financier, audit juridique, audit opérationnel : chaque pan de l’entreprise cible est passé au crible, souvent pendant plusieurs mois. C’est à ce moment que la majorité des dossiers sont abandonnés, bien avant la signature.
Si le dossier survit à la due diligence, la négociation s’engage sur la valorisation, le pourcentage de capital cédé et les clauses de gouvernance. Puis vient le closing, et enfin la phase de détention, où le fonds accompagne l’entreprise jusqu’à la sortie : revente, introduction en Bourse ou rachat par un autre investisseur.
Les étapes clés du processus d’investissement en private equity
1. Sourcing
Repérage de l’entreprise cible selon la thèse du fonds
2. Due diligence
Audits financier, juridique, opérationnel
3. Négociation
Valorisation, part cédée, clauses de gouvernance
4. Closing & détention
Signature, puis accompagnement jusqu’à la sortie
Beaucoup pensent que la méthode des critères écrits concerne uniquement les actions cotées. C’est une erreur. Un fonds de private equity applique exactement la même discipline à l’envers : il écrit ses critères de sélection avant de regarder un dossier, pas après avoir eu un coup de cœur pour un dirigeant charismatique.

Et pour un particulier qui envisage d’allouer une partie de son épargne à ce type de véhicule, la même règle s’applique. On ne rentre pas dans un fonds parce qu’une brochure est bien faite. On regarde l’historique de performance du gérant, les frais de gestion, l’horizon de sortie prévu, et on compare avec ses propres objectifs, écrits avant de lire la première ligne du document commercial.
C’est le point que je trancherais sans hésiter : qui n’écrit pas ses critères avant d’étudier une opportunité de private equity finit par les adapter à l’opportunité elle-même. Et c’est précisément l’inverse de ce qui protège un investisseur.
La liquidité est le premier risque à avoir en tête. L’argent engagé ne se récupère pas à la demande. Contrairement à une action cotée qu’on peut vendre en quelques secondes, une part de fonds de private equity reste bloquée jusqu’à l’échéance prévue, sauf marché secondaire, souvent coûteux.
Le second risque tient à l’opacité relative de la valorisation : une entreprise non cotée n’a pas de prix de marché quotidien. Sa valeur est estimée périodiquement par le gestionnaire du fonds, selon des méthodes qui peuvent varier d’un acteur à l’autre.
Enfin, comme pour tout investissement, un investissement en private equity expose à une perte partielle ou totale du capital engagé.
Le ticket d’entrée en private equity a longtemps été réservé aux institutionnels et aux grandes fortunes. Les véhicules dédiés aux particuliers ont fait baisser ce seuil, mais l’investissement reste structuré par des démarches précises à anticiper avant tout versement, de la souscription au suivi fiscal.
Avant de s’engager, mieux vaut lister noir sur blanc sa capacité réelle d’immobilisation d’épargne, son horizon de sortie souhaité et le niveau de risque qu’on accepte de porter sur plusieurs années. Ce sont les mêmes critères que pour une action en Bourse, simplement adaptés à un temps plus long.
Le private equity n’est ni meilleur ni pire qu’un portefeuille d’actions cotées. C’est un outil différent, avec ses propres règles. Ceux qui y entrent sans les avoir écrites à l’avance sont ceux qui, cinq ans plus tard, découvrent des contraintes qu’ils auraient dû anticiper dès le premier rendez-vous.
De la première rencontre au closing, il faut compter en général entre trois et douze mois, selon la complexité de la due diligence et la taille de l’opération.
C’est possible via un marché secondaire, mais souvent avec une décote sur la valeur estimée des parts, et ce n’est jamais garanti.